Il faut à cet égard souligner que pour son fonctionnement, le secteur des transports est dépendant à 96% des produits pétroliers. Ceci constitue un facteur important de vulnérabilité et explique la forte contribution du secteur aux émissions de polluants issus de la combustion de produits pétroliers. C'est également vrai pour les émissions de gaz à effet de serre.

Le secteur des transports est le premier émetteur de gaz carbonique (27% des émissions en France des émissions de gaz à effet de serre, 35% des émissions de CO2). Là encore, la route est le principal mode incriminé. Des progrès techniques, conjugués à une réglementation de plus en plus restrictive ont pourtant permis de rendre les véhicules moins consommateurs et moins polluants. Des accords volontaires ont par exemple été signés entre la Commission européenne
et les constructeurs automobiles pour diminuer sensiblement les consommations unitaires des véhicules (et par conséquent les émissions de gaz carbonique qui sont liées). De même, tous les 4 ou 5 ans, de nouvelles normes européennes (Euro 3, Euro 4) révisent à la baisse les seuils d'émissions des principaux polluants.

Tous ces efforts ne sont cependant pas suffisants. En effet, les véhicules consomment moins et polluent moins, mais la responsabilité du secteur des transports en matière de dégradation de l'environnement n'en reste pas moins importante. En fait, la diminution des consommations et émissions unitaires des véhicules est compensée par l'accroissement très fort des trafics routiers. Si rien n'est fait pour infléchir la tendance, cet accroissement devrait se poursuivre au cours des prochaines
décennies, ôtant toute possibilité à la France de respecter ses engagements internationaux en matière d'émissions de gaz à effet de serre et de pollutions transfrontières. Quelles que soient les perspectives en matière technologique, il est donc aussi nécessaire d'agir sur les trafics urbains et interurbains pour réguler leur croissance. C'est naturellement celle des trafics routiers qu'il faut tenter d'infléchir et pour cela, deux options sont envisageables : "Transporter moins", en réduisant les volumes de trafic (le nombre de déplacements, les distances parcourues, etc.). "Transporter mieux" en favorisant un report des trafics routiers vers les modes moins polluants (ferroviaire, fluvial, transports collectifs). C'est dans cette optique que se placent les actions de l'ADEME en matière de transport.

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